• Fairyland d'Edgar Poe

    En 1829, Edgar Poe écrivit un poème intitulé « Fairyland ». Dans ce poème il tente de décrire le caractère impalpable du monde des fées. Ce monde des « Papillons de la Terre » se mêle au nôtre tout en prenant soin de se cacher de nos yeux sous « un labyrinthe de lueur ».Stéphane Mallarmé, grand poète français de la dernière moitié du XIXe siècle a traduit ce poème sous l’intitulé de « Féerie ». 

    Fairyland d'Edgar Poe

     © Copyright Jean and Ron Henry, Magic Pool

     

    FairyLand, Edgar Poe

    Dim vales – and shadowy floods -
    And cloudy-looking woods,
    Whose forms we can’t discover
    For the tears that drip all over!
    Huge moons there wax and wane -
    Again – again – again -
    Every moment of the night -
    Forever changing places -
    And they put out the star-light
    With the breath from their pale faces.
    About twelve by the moon-dial,
    One more filmy than the rest
    (A kind which, upon trial,
    They have found to be the best)
    Comes down – still down – and down,
    With its centre on the crown
    Of a mountain’s eminence,
    While its wide circumference
    In easy drapery falls
    Over hamlets, over halls,
    Wherever they may be -
    O’er the strange woods – o’er the sea -
    Over spirits on the wing -
    Over every drowsy thing -
    And buries them up quite
    In a labyrinth of light -
    And then, how deep! – O, deep!
    Is the passion of their sleep.
    In the morning they arise,
    And their moony covering
    Is soaring in the skies,
    With the tempests as they toss,
    Like – almost anything -
    Or a yellow Albatross.
    They use that moon no more
    For the same end as before -
    Videlicet, a tent -
    Which I think extravagant:
    Its atomies, however,
    Into a shower dissever,
    Of which those butterflies
    Of Earth, who seek the skies,
    And so come down again,
    (Never-contented things!)
    Have brought a specimen
    Upon their quivering wings.

     

    Fairyland d'Edgar Poe

     

    © Copyright KillerBlueEyez, Fairyland

     

    Féerie, Stéphane Mallarmé

     

    Noir val – et cours d’eau ombreux 

     -et bois pareils à des nuages,

    dont on ne peut découvrir les formes,

    à cause des larmes qui s’égouttent partout –

    là croissent et décroissent d’énormes lunes -

    encore – encore – encore

    à tout moment de la nuit -

    changeant à jamais de lieu –

    elles éteignent la lumière des étoiles

    avec l’haleine de leurs faces pâles.

    Vers minuit au cadran lunaire,

    une plus nébuleuse que le reste

    (d’une espèce qu’à l’épreuve elles ont trouvé être la meilleure)

    descend, – bas, plus bas,

    et son centre à la cime

    d’une éminence de montagnes,

    pendant que la vaste circonférence

    retombe en draperies

    aisées sur les hameaux,

    sur les résidences

    (partout où il y peut y en avoir),

    sur les bois étranges -

    sur la mer -

    sur les esprits au vol -

    sur toute chose assoupie –

    et les ensevelit dans un labyrinthe de lueur.

    Profonde, oh ! profonde

    alors la passion de leur sommeil.

    Au matin elles se lèvent,

    et le voile lunaire prend

    vers les Cieux un essor,

    avec les tempêtes qui s’y agitent,

    comme… presque comme tout -

    ou un pâle Albatros.

    Elles n’emploient plus cette lune

    aux mêmes fins que devant,

    videlicet une tente –

    ce que je crois extravagant :

    ses atomes donc se séparent en une averse,

    dont ces papillons de la Terre,

    qui cherchent les Cieux

    et redescendent

    (êtres jamais satisfaits !)

    apportent un spécimen

    par leurs ailes frissonnantes.

     

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